Avec la flambée du taux d’incidence au Covid-19, le passe sanitaire pourrait être exigé le 4 décembre pour emprunter les remontées mécaniques. Les professionnels de la montagne, qui avaient anticipé cette contrainte, cherchent à limiter son impact pour les skieurs.

Ce n’est plus qu’une question de jours. Ce jeudi 25 novembre, le taux d’incidence national s’établit à 193 cas positifs au Covid-19 pour 100.000 habitants. Le seuil de 200 cas, fixé par les autorités et à partir duquel le passe sanitaire sera exigé pour accéder aux remontées mécaniques des stations de ski, se rapproche… Le protocole sanitaire qui s’applique aux 250 domaines français prévoit qu’une annonce officielle soit faite «au plus tard le mardi pour le samedi suivant», rappelle Domaines skiables de France. Un décret ministériel devrait donc très certainement être publié ces prochains jours pour une application à partir du samedi 4 décembre.

Les personnes de douze ans et plus devront disposer d’un certificat de vaccination, d’un certificat de rétablissement (test positif de moins de six mois) ou d’un test négatif de moins de 24 heures, tandis que le port du masque sera requis pour emprunter télécabines ou télésièges. Une mesure finalement peu contraignante, compte tenu d’un taux de vaccination élevé (90 % de la population française éligible est entièrement vaccinée), et d’un usage désormais entré dans les habitudes, pour dîner au restaurant ou emprunter le train par exemple.

Des contrôles aléatoires dans les files d’attente…

«On s’attendait à ce que ce seuil de 200 soit franchi en cours de saison, mais pas à ce que cela arrive aussi tôt, confie Jacques Alvarez, directeur marketing et communication d’Altiservice, l’exploitant des domaines de Saint-Lary (Hautes-Pyrénées) et de Font-Romeu Pyrénées 2000 (Pyrénées-Orientales). Les contrôles seront systématiques en billetterie lors du retrait des forfaits, et aléatoires dans les files d’attente des remontées mécaniques

«On s’y préparait, ce n’est pas une surprise», poursuit Frédéric Porte, directeur général de Tignes (Savoie), premier domaine skiable à avoir ouvert en France, le 16 octobre. «Le gouvernement s’étant engagé à accorder un délai de plusieurs jours, les professionnels de la montagne pourront mettre en œuvre le protocole sans être pris au dépourvu.» Là aussi, des contrôles aléatoires, assurés par le personnel de la station ou les forces de l’ordre, pourront avoir lieu dans les files d’attente des remontées mécaniques, «à la manière de ce qui se fait en gare et à bord des trains longue distance».

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… seulement sur certaines remontées mécaniques

Mais la vérification du passe sanitaire ne se fera pas partout et tout le temps. «Les remontées mécaniques structurantes, comme celles au départ des stations, seront contrôlées en priorité et régulièrement. Celles qui sont situées en altitude le seront moins fréquemment, car les skieurs auront logiquement déjà été contrôlés plus en aval», détaille Olivier Simonin, directeur de Val d’Isère Téléphériques (la station de Val d’Isère ouvre ce samedi 27 novembre).

Pour rassurer les skieurs ou permettre aux non vaccinés de renouveler leur passe sanitaire pendant leur séjour, la plupart des stations de montagne vont s’équiper de centres de dépistage. «Nous avons installé deux centres de tests, contre un seul l’hiver dernier. Ils seront opérationnels dès l’ouverture de la station le 4 décembre», rappelle Gilles Leonard, directeur de Méribel Tourisme. La durée de validité des tests, qui passe désormais de 72 à 24 heures comme l’a annoncé ce jeudi le ministre de la Santé, va obliger les stations à s’organiser en conséquence pour répondre à la demande.

Un passe sanitaire couplé au forfait de ski ?

Pour faciliter le séjour des skieurs et leur éviter de sortir leur smartphone à chaque contrôle, les professionnels du tourisme cherchent la parade. «Nous réfléchissons à des moyens permettant d’identifier visuellement les skieurs dont le passe sanitaire a déjà été vérifié», explique Jacques Alvarez (Altiservice).

Parmi les dispositifs à l’étude, un bracelet qui serait remis à l’arrivée en station et que l’on conserverait pendant toute la durée du séjour. À Tignes comme à Val d’Isère, on imagine même à un système permettant de coupler son passe sanitaire à son forfait de ski, comme le font déjà la SNCF et Air France. «Nous travaillons avec nos partenaires en billettique sur la mise ne place d’un tel dispositif, mais il ne sera sans doute pas opérationnel pour les vacances de Noël», souligne Olivier Simonin. Au-delà du volet technique, le déploiement d’un tel système se heurte à des questions de respect des données personnelles.

Comme les professionnels du tourisme, les skieurs semblent prêts à s’accommoder à cette nouvelle contrainte. 77 % des vacanciers français disent vouloir maintenir leur séjour malgré l’obligation du passe sanitaire, indique un baromètre de Savoie Mont Blanc sur les intentions de départ, paru fin septembre. Seuls 9 % pourraient le reporter et 8 % le raccourcir. Pas de quoi non plus décourager les visiteurs étrangers. «Méribel bénéficie d’un important report de la clientèle allemande, habituée des stations de ski autrichiennes», observe Gilles Léonard. Sans doute une conséquence du confinement en vigueur en Autriche qui perturbe le début de la saison d’hiver.

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Passe sanitaire et remontées mécaniques : comment les stations de ski se préparent – Le Figaro
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