Destination à la mode, Marseille rattrape son retard en matière de contrôle des meublés de tourisme – Le Monde


Le front de mer de Marseille, le 2 septembre 2021. Le front de mer de Marseille, le 2 septembre 2021.

« La valse des valises à roulettes. » C’est l’expression qu’a trouvée Patrick Amico, adjoint au logement et à la lutte contre l’habitat indigne de la ville de Marseille, pour évoquer le ballet de touristes, qui anime les rues du quartier de Noailles (1er arrondissement), chaque vendredi soir et samedi matin. Dans ce secteur très populaire du centre-ville, traumatisé par la catastrophe de la rue d’Aubagne, le 5 novembre 2018, lorsque huit personnes sont mortes dans l’effondrement de deux immeubles, la présence de locations saisonnières, réservées par le biais de plates-formes de type Airbnb, explose depuis quelques mois. Le symbole d’un Marseille qui attire toujours plus les visiteurs, mais un phénomène qui amplifie la crise aiguë du logement que la ville – et notamment ses zones les plus populaires – connaît.

Car le phénomène ne touche pas que Noailles. Le Panier et ses ruelles qui grimpent, le Vallon des Auffes et son pont, les alentours du Vieux-Port vivent eux aussi au rythme hebdomadaire de la valse des valises. « On estime à entre 7 000 et 9 000 le nombre de locations saisonnières proposées », déclare Patrick Amico, reconnaissant que « les chiffres précis sont difficiles à obtenir du fait de la multiplication des platesformes ». Sur Airbnb et Abritel, le site d’analyse AirDNA observe que Marseille constitue la deuxième offre de France, avec près de 5 900 annonces réservables fin novembre.

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« On ne se bat pas contre le tourisme, poursuit M. Amico. Mais ces locations ont plusieurs impacts sur une situation du logement déjà très sensible : elles font exploser les prix de l’immobilier, notamment sur les petites surfaces. Elles entraînent, par ricochet, une hausse des loyers des biens qui se raréfient sur le marché locatif… Et, dans certains secteurs, empêchent aussi l’application du dispositif du permis de louer et les contrôles de sécurité qui l’accompagnent. » A Noailles, des studios qui s’échangeaient autour de 80 000 euros, en 2019, sont maintenant proposés près du double à des investisseurs attirés par le rendement de la location de tourisme.

Des règles changées drastiquement

Dans la course à la régulation, Marseille est partie très en retard. Depuis l’arrivée aux commandes de l’équipe du Printemps marseillais, à l’été 2020, elle tente de s’aligner sur les autres grandes agglomérations françaises. Elle s’est d’abord mise en capacité de délivrer les numéros d’enregistrement qui permettent aux propriétaires d’intégrer légalement les plates-formes. Et a adhéré, début 2021, à la charte de collaboration avec ces mêmes plates-formes, portée par la ministre déléguée au logement, Emmanuelle Wargon. « Même si, pour l’instant, nous n’avons pas les moyens de traiter efficacement les données qu’on pourrait nous fournir », reconnaît l’adjoint.

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