Des membres de l’association Alda occupent un meublé touristique permanent à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 21 septembre 2021. Des membres de l’association Alda occupent un meublé touristique permanent à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 21 septembre 2021.

Drôle d’année pour Airbnb. Il y a d’un côté les chiffres, qui disent un succès commercial et financier : revenus historiques cet été, première entreprise mondiale du tourisme par sa capitalisation boursière, un an après son entrée fracassante à Wall Street. De l’autre, les textes, qui s’accumulent et racontent une autre histoire : celle d’une sphère publique qui organise sa réponse à la location de courte durée, accusée de contribuer au surtourisme et à la hausse des prix immobiliers. Autant de lois et de règlements municipaux qui produisent d’autres chiffres : une baisse spectaculaire de l’offre de logements disponibles dans les plus grandes villes.

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Dans un entretien au Monde en mai 2021, Brian Chesky, le PDG d’Airbnb, espérait que la crise du tourisme et la désaffection des visiteurs pour les grandes métropoles constitueraient « un nouveau départ [dans sa] relation avec les villes » : appauvries économiquement, les communes auraient davantage besoin de la location touristique. Il semble qu’il n’en soit rien, et cette année a surtout coïncidé avec davantage de régulation, en France comme ailleurs.

Ce mouvement a culminé dans cette première quinzaine de décembre. Le 7, Airbnb purgeait son site des annonces non enregistrées dans dix villes touristiques françaises, soit 10 % à 40 % de l’offre selon les cas. Le 9, la ville de New York, où les consignes strictes étaient peu respectées, adoptait une règle d’enregistrement préalable des meublés touristiques impliquant la responsabilité des plates-formes. Le 13 s’achevait la première phase d’une initiative de la Commission européenne visant à donner, à moyen terme, un cadre réglementaire à cette activité. Le 15, Paris, première ville mondiale pour Airbnb, a renforcé la procédure de transformation des logements. Ces derniers mois ont aussi vu les règles se durcir à Washington, Barcelone, Vienne ou Ottawa.

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Rien qui ne désarme en apparence Emmanuel Marill, directeur général d’Airbnb pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique :

« Il n’y a rien de pire que la zone grise ; les hébergeurs ont besoin de ce cadre qui est, en France, relativement proportionné et favorise un équilibre entre tourisme, commerces et accès au logement. On a toujours été collaboratif et travaillé avec les gouvernements pour aller identifier les spéculateurs qui contournent la réglementation, car ils font du tort aux 99 % des gens qui le font de manière louable, pour leur pouvoir d’achat. »

Posture de négociation

Dans les faits, la plate-forme a longtemps ferraillé en justice face aux collectivités qui cherchaient à encadrer ses pratiques. Aux Etats-Unis, avec San Francisco ou New York, notamment. Puis en Europe. Mais après une série de revers judiciaires, Airbnb a adopté une posture de négociation avec les gouvernements, engageant des lobbyistes tel Chris Lehane, ancien stratège du Parti démocrate américain. Objectif : coconstruire la législation afin qu’elle nuise le moins possible au modèle économique. Cette réglementation, expliquent les experts de l’économie du partage, présente aussi l’avantage de limiter l’accès au marché et l’incertitude.

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La grande offensive des villes contre Airbnb – Le Monde
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