La station de Gourette (Pyrénées-Atlantiques) entame sa mue. Ce 22 décembre, l’inauguration des travaux de modernisation de l’espace débutants du Bézou a constitué la première étape d’un « plan de développement et de modernisation » de cette station pyrénéenne, perchée à 1400m d’altitude. La stratégie porte sur 30M€ engagés sur la période 2020-2025, principalement par le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, propriétaire des lieux, « avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine et des services de l’Etat », précise Jean-Pierre Mirande, vice-président en charge des politiques de la montagne et de la coopération transfrontalière. Ce plan, qui pour l’essentiel, portera sur « l’aménagement global des pistes, les télésièges et l’amélioration de la neige de structure », vise à engager la station dans un positionnement « 4 saisons ». Ou plus précisément « 2 saisons rallongées », comme le souligne Jean-Pierre Mirande, insistant sur une indispensable transition face aux « effets du changement climatique et des conditions d’enneigement aléatoires ».

A terme, il s’agit donc d’être moins dépendant des activités de sports d’hiver, en particulier du ski. Pour autant, « contrairement à ce que nous entendons ici ou là, il est impensable de cesser d’investir. Il faut prendre en compte l’activité actuelle générée par le ski ». En l’occurrence, « des retombées économiques à l’échelle du territoire, évaluées « à six fois les investissements réalisés dans les remontées mécaniques », comme le rappelle la Chambre régionale des Comptes dans un rapport récent, sur la situation financière de l’établissement public départemental des stations d’altitude (EPSA), qui gère les stations de Gourette et de La Pierre Saint Martin (1). Un document qui au passage, confirme « des perspectives défavorables pour les stations d’altitude des Pyrénées liées à la transition climatique ».

« De station de ski à station de montagne »

Dans les faits, « il faut que les travaux que nous réalisons sur le domaine skiable favorisent aussi une pratique de loisirs 4 saisons », plaide l’élu, un brin énigmatique. Et d’illustrer : « Cela peut prendre la forme de départs vers des chemins de randonnées cyclables ou pédestres, comme c’est le cas depuis le plateau du Bézou. Ou passer aussi par l’amélioration des sentiers ». D’une manière générale, « il s’agit de passer d’une station de ski à une station de montagne », sur fond de « reconquête des familles ». Ce qui signifie, une activité « qui irrigue l’ensemble de la vallée d’Ossau. C’est pourquoi ce plan d’aménagement est conduit avec l’ensemble des acteurs publics et privés du territoire ». Comme l’a rappelé le sociologue Olivier Bessy (Université de Pays et du pays de l’Adour) lors des états généraux de la transition du tourisme en montagne en septembre dernier à Pau, l’enjeu pour ces stations est de « sortir du seul développement touristique et de penser développement territorial global ».

En attendant, il reste le défi à court terme, de trouver un équilibre, l’été, entre le développement de l’offre touristique et la préservation des espaces naturels. « Effectivement, cela fait aussi partie du travail conduit : la cohabitation entre les touristes et les locaux, le fait que la montagne soit un espace de liberté fragile, etc. », confirme Jean-Pierre Mirande, qui brandit « l’information des touristes et la pédagogie. Mais aussi le fait d’organiser les mobilités autour de parkings saturés ». En somme, selon les termes d’Olivier Bessy, il s’agit « d’inventer une nouvelle relation à la montagne ».

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L’avenir des stations de sports d’hiver

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Transition : passer d’une station de ski à une station de montagne – Gazette des communes

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