” – Oh, regarde le beau gratin de courgettes que maman a préparé avec amour ! – BEURK !” : Telle est la première réaction de votre enfant. Et voilà qu’il se jette sur les coquillettes, que vous réchauffez depuis deux jours, et qui n’ont aucun goût. “Tu n’auras pas de pâtes ni de dessert si tu ne goûtes pas les légumes !”. Votre loulou se braque, et ne mange rien du repas. Lui qui avait si faim pourtant… Vous voilà déçu face à un énième refus, et lui sera de mauvais poil aussi. Mais faut-il vraiment le forcer à goûter ce plat qui le rebute tant ? Dans son livre “Pour ou contre : Les grands débats de la petite enfance à la lumière des connaissances scientifiques”, la psychologue et écrivaine Héloïse Junier aiguille les parents sur cette question, le tout avec humour et bienveillance.

Goûter le plat : un phénomène culturel assez français

Les goûts et les couleurs… un sujet de discorde ! Si votre enfant ne veut pas manger le contenu de son assiette, vous allez sûrement insister pour qu’il le goûte. Cela parait logique, on ne peut pas ne pas aimer quelque chose, si on ne sait pas ce que c’est ! Mais vers l’âge de deux/trois ans, votre enfant peut être amené à refuser beaucoup de plats, ce qui a tendance à vous crisper, car on ne se nourrit pas exclusivement de frites et de bonbons. Un peu de légumes, c’est nécessaire à son équilibre alimentaire. Pour vous, cela peut aussi être une question d’éducation et de respect, car vous avez passé du temps en cuisine à préparer ce plat. “Ce phénomène de faire “goûter” est assez culturel. Par exemple, aux États-Unis, certaines mamans sont assez surprises quand elles prennent connaissance de cette pratique”, explique Christine Zalejski, experte en nutrition infantile, et autrice de Cubes et petits pois.

Vidéo du jour :

Installer une bonne relation à la nourriture

Dans son livre, Héloïse Junier est plutôt contre le fait de forcer un enfant à goûter son plat. Si les conflits sont récurrents, son rapport à la nourriture peut devenir difficile : “Il risque d’associer l’alimentation à une émotion désagréable”. A terme, cela peut même conduire à des troubles alimentaires. L’experte en nutrition explique : “Si les parents forcent trop l’enfant, il peut se sous-alimenter ou au contraire se mettre à trop manger”. Héloïse Junier écrit d’ailleurs : “Ils peuvent développer une mauvaise relation avec la nourriture sur le long terme”. En tant qu’adulte, on sait à quel point l’alimentation peut être un sujet de tourmente. On ne voudrait pas que nos enfants vivent la même chose.

La néophobie alimentaire

Vous avez tout essayé, rien n’y fait, votre enfant refuse tous ces plats. Il se peut qu’il soit dans la période de la néophobie alimentaire ! “L’enfant se met à refuser de goûter et de manger les aliments qui lui sont proposés. Il les analyse attentivement, les manipule, mais refuse de les mettre dans sa bouche”, explique l’écrivaine. Ce phénomène peut être assez déroutant. Il va triturer, décortiquer la nourriture, regarder la texture. Cela peut survenir vers l’âge de deux à trois ans. “Plus l’attitude de l’adulte sera détendue, plus cette phase à des chances de passer rapidement”, poursuit-elle. Il ne faut donc pas les forcer, mais plutôt les inciter à prendre une petite cuillère, en leur laissant le choix de finir ou non leur assiette, selon l’appréciation qu’ils auront du plat.

Il ne veut pas manger ses légumes !

L’experte en nutrition est claire : “Si un enfant refuse de goûter ou de manger un aliment, c’est qu’il a des raisons de le faire”. Sachez que nous sommes génétiquement conçus pour avoir une appréhension naturelle envers les… légumes verts ! “Sans doute car nombre de nos ancêtres sont décédés en mettant en bouche des végétaux toxiques”, précise l’écrivaine. Cela comprend aussi les aliments qui ont des couleurs trop prononcées, et ceux qui sont amers. En revanche, ils sont plus attirés par ce qui est gras et sucré, dont les caractéristiques se rapprochent du lait maternel : “Ce n’est pas de la gourmandise, c’est de l’instinct !”,  affirme Héloïse Junier. De plus, la forme et l’aspect des aliments ont un rôle très important. S’il a l’habitude de manger les carottes en purée, il peut refuser les carottes en rondelles, car il ne va pas reconnaître l’aliment. “Au niveau cérébral, il n’analyse pas le contenu de l’assiette. Si vous avez mis de la ciboulette dans la purée, il ne va pas comprendre à quoi correspondent ces petits morceaux verts, et il n’en voudra pas. Il faut mettre de l’empathie dans le refus de l’enfant”, complète Christine Zalejski. Aussi, il est important de lui présenter plusieurs fois l’aliment, parfois à cinq, dix, ou même quinze reprises.

L’éducation à l’alimentation et à l’équilibre alimentaire

Pour la créatrice de Cubes et petits pois, il est néanmoins très important d’apprendre à l’enfant à goûter à tous les aliments, dès le début de la diversification alimentaire. S’ils prennent cette habitude dès qu’ils sont petits, cela sera beaucoup plus facile quand ils grandiront. Ensuite, Christine Zalejski explique qu’il est très intéressant de leur transmettre l’apprentissage du goût et du vocabulaire autour de l’alimentation. Apprenez-lui à distinguer l’amertume, l’acidité, mais aussi les différentes textures, mou, filandreux, dur, épais. : “De cette manière, quand vers l’âge de deux ou trois ans il commencera à refuser des aliments, il saura dire pourquoi”, affirme-t-elle. A condition bien-sûr de lui transmettre ces connaissances avant ses 36 mois. L’autre point important, est de montrer l’exemple à vos enfants. S’ils ne vous voient jamais manger de brocolis, ils ne voudront forcément pas le faire non plus !


 Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Pour ou contre : insister pour que l’enfant goûte son plat ? – Magic Maman
Étiqueté avec :    

Laisser un commentaire