Ces deux stations de sports d’hiver n’ont, a priori, rien en commun hormis le fait d’être toutes deux en Isère… mais elles ont signé, le 15 janvier, une convention de partenariat. Le Col de Porte est situé à 1326 m d’altitude, dans le massif de la Chartreuse, tandis que le domaine skiable des Deux-Alpes culmine à 3600 m dans le massif des Ecrins. « Celui-ci fait 40 M€ de chiffre d’affaires contre 150 000 € pour nous, surenchérit Didier Bic, exploitant du Col de Porte. Nous n’avons pas non plus la même clientèle : elle est nationale et internationale pour les Deux Alpes, et familiale pour nous qui sommes à 20 minutes de Grenoble. Mais c’est justement pourquoi nous sommes complémentaires : les enfants prennent goût au ski au Col de Porte, puis, en grandissant, ils vont dans les grandes stations ».

Col de Porte_tapis

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« Equilibrer les comptes »

Cet entrepreneur a repris la station du Col de Porte, en 2015, et est donc, depuis, le titulaire de la délégation de service public de la commune de Sarcenas, sur laquelle se trouve la quasi-totalité du domaine. Il a repris également l’unique restaurant et les hébergements du front de neige. « Un Grenoblois sur deux a appris à skier ici, assure-t-il, mais avec l’érosion de la clientèle, la fin des classes de neige et le manque de celle-ci, nous avons beaucoup de mal à équilibrer les comptes ». Aussi, depuis trois ans, il avait commencé à faire appel aux Deux Alpes pour des « coups de main » techniques ou pour récupérer du matériel usagé.

L’objet de la convention qu’il a signé le 15 janvier avec la Société d’aménagement touristique de l’Alpe d’Huez (Sata) – société d’économie mixte qui a repris la gestion des Deux Alpes en décembre 2020 – est d’amplifier ce partenariat. A la clé pour le Col de Porte, une assistance technique renforcée et une aide étendue à l’administratif. « On croûle sous les procédures, les autorisations, etc., témoigne Didier Bic. J’avais sous-estimé cette difficulté ».

En contrepartie, l’exploitant de cette petite station s’engage à communiquer sur les Deux Alpes auprès de sa clientèle. Parmi les premières opérations montées conjointement : un forfait-journée gratuit aux Deux Alpes pour tout enfant ayant suivi 5 jours d’école de ski au Col de Porte. « L’objectif, c’est de renouveler le réservoir de skieurs, commente Didier Bic. L’ensemble de la profession y a intérêt ». L’Office du tourisme des Deux Alpes et celui de la Métropole de Grenoble sont également signataires de la convention et participeront à relayer les opérations de communication.

Pour l’été aussi

Ce partenariat est destiné à être étendu à l’été : « A notre altitude, remarque l’exploitant du Col de Porte, si on ne commence pas à regarder comment faire notre transition, nous sommes morts ». La petite station réfléchit ainsi au développement des activités estivales (tyroliennes, etc). « Une partie pédagogique peut aussi être développée avec les Deux Alpes, imagine Didier Bic. Les enfants peuvent venir découvrir la forêt de Chartreuse, qui a le label forêt d’exception, et, le week-end suivant par exemple, aller voir le glacier des Deux-Alpes. Nous allons développer les offres packagées ».

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L’avenir des stations de sports d’hiver

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Quand une petite et une grande station de ski s’entraident – Gazette des communes

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