Fin 2021, la plate-forme de locations touristiques Airbnb se félicitait d’avoir collecté et de devoir reverser plus de 93 millions d’euros de taxe de séjour à plus de 29 000 communes françaises au titre de l’année, dont 9,4 millions d’euros à Paris, 1,9 million d’euros à Marseille, 1,2 million d’euros à Nice ou encore 1 million d’euros à Cannes. Mais pour certaines collectivités locales, notamment les huit communes de l’île d’Oléron, le compte n’y est pas.

Depuis le 1er janvier 2020, le code général des collectivités territoriales oblige, en effet, ces intermédiaires à non seulement fournir le listing des séjours aux collectivités locales mais aussi reverser, en deux fois, chaque année, la taxe de séjour collectée auprès des touristes. Or, Airbnb et ses concurrents prennent des libertés avec ces obligations.

Lire aussi Airbnb annonce avoir reversé 93 millions d’euros de taxe de séjour aux communes françaises

A Oléron, Airbnb a, en 2020, tout simplement oublié de collecter la taxe de séjour et de la verser, et en 2021, au moment de la reverser, la plate-forme a largement sous-estimé son montant, confondant dates de réservation et dates de séjour… La communauté de communes de l’île d’Oléron a décidé de lui réclamer, par la voix de son avocat Jonathan Bellaiche, un arriéré de 234 700 euros pour 2020, et 222 934 euros pour 2021, auxquels s’ajoutent 10 210 euros d’intérêts de retard (autour de 0,2 % par mois).

Un tiers des recettes de l’île

« Il a d’abord fallu batailler pour obtenir la liste complète des locations, raconte MBellaiche, et ce n’est qu’après avoir saisi la justice, la veille de l’audience fixée au 3 mars 2022, qu’Airbnb a consenti à fournir les documents qu’il a finalement transmis les 18 et 24 avril. Quant à nous, si nous ne sommes pas payés lundi 16 mai, nous saisirons de nouveau le tribunal et procéderons éventuellement à une taxation d’office », prévient-il.

La taxe de séjour représente plus d’un tiers des recettes de l’île, plus que la dotation de l’Etat elle-même, « et il n’est pas normal que nous devions poursuivre ces plates-formes au Texas, aux Pays-Bas, pour percevoir l’impôt sous forme de virements venus de l’étranger, s’étonne Luc Gaboriau, chargé des finances d’Oléron. Nous avons aussi beaucoup de mal à trouver un interlocuteur chez ces plates-formes : Booking ne répond pas et un recours est là aussi engagé ; Abritel joue un peu mieux le jeu mais commet bien des erreurs, “oubliant” 57 000 euros sur les 70 000 dus, pour 2021 ; quant à Airbnb, elle nous oblige à chaque fois à prendre un avocat et saisir la justice », déplore-t-il.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés « Victoire du droit au logement » : les villes vont pouvoir continuer leurs actions contre des propriétaires Airbnb

Contactée, Airbnb, dit vouloir être « un bon partenaire des collectivités en matière de fiscalité. (…) Nous examinons les anomalies portées à notre attention et travaillons avec Oléron à la résolution du problème ».

Il vous reste 16.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

L’île d’Oléron réclame plus de 450 000 euros à la plate-forme Airbnb – Le Monde

Laisser un commentaire