Début mai, il manque encore une petite semaine à analyser. Mais, selon l’Observatoire national des stations de montagne, il apparaît que les stations françaises ont quasiment retrouvé leur clientèle d’hiver, avec un taux de remplissage de 69%, à un point de celui 2019-2020. “C’est un bon bilan, affirme Pierre Vollaire, maire des Orres (569 habitants, 15 000 lits), dans les Alpes du Sud, vice-président de l’association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM). Les villages-clubs ont plus souffert, à 68% au lieu de 78 %. Mais tous les autres hébergements se placent au-dessus de leurs précédents résultats”.

Retour sur les pistes

Du côté des pistes, le nombre de journées skieurs enregistre une hausse de 4 % par rapport à la moyenne des quatre dernières saisons complètes, de 2015 à 2019, évaluée par Domaines skiables de France (DSF). “C’est une belle saison, lance Laurent Reynaud, directeur général de DSF, malgré les vents contraires de fin 2021, entre les vagues delta et omicron, la mise en place de pass sanitaire de 72 h au départ, les restrictions pour les étrangers… Cela a finalement eu un moindre impact sur la clientèle. Et nous avons retrouvé une réelle envie de skier”.

De skier ? “A plus 5% de chiffre d’affaires par rapport à 2018-2019, qui était déjà une excellente saison, c’est une année record pour nous !, s’enthousiasme Jean-Marc Simon, directeur général du syndicat des moniteurs de ski et de l’école de ski française (ESF). Mise à part dans les Hautes Alpes ou les Alpes maritimes, le soleil et l’enneigement étaient au rendez-vous. Et, surtout, ça nous a rassuré contre tous les scénarios pessimistes. On a constaté une grande appétence pour le ski”.

Pour le ski alpin … Et que dire des skis nordique et de randonnées qui se sont développés durant l’hiver 2020-2021 ?  “Des activités d’opportunité qui ont retrouvé leur niveau d’avant, à 5% environ de notre chiffre”, poursuit le DG. “L’année dernière était exceptionnelle pour la randonnée et le ski nordique, avec une fréquentation multipliée par quatre par endroits, constate le directeur de DSF. Mais si l’on prend du recul sur ces deux années, on a la démonstration que sans le ski alpin, l’attractivité de la montagne baisse : deux clients sur trois ne viennent pas…”

Diversification des activités

Certes, admet Pierre Vollaire, de l’ANMSM, “le ski reste la discipline maîtresse. Mais on s’aperçoit que les gens skient moins longtemps dans la journée et consomment plus d’activités différenciantes. Aux Orres, par exemple, on a fait 10% de chiffre d’affaires supplémentaires par rapport 2018-2019, avec +8% sur les remontées mécaniques, ce qui est bien, mais aussi +100% pour la luge à 360°, plus 50% sur la patinoire, la tyrolienne et la raquette ont très bien fonctionné. Il faut les développer tout en gardant le moteur du ski”.

Parallèlement à cette évolution de la pratique sportive, à l’ESF, Jean-Marc Simon note aussi l’arrivée, en janvier en particulier, “d’une clientèle adulte, française, qui découvrait le ski. C’est encore un frémissement, mais on espère bien que ces skieurs vont revenir”. L’école de ski française qui a confirmé en janvier dans une enquête que 96% de ses moniteurs se considéraient “comme très engagés dans la réussite de la station”, a remis cet hiver, via un fond de dotation également abondé par d’autres acteurs (1), 371 000 euros pour soutenir des classes de découverte à la montagne, en perte de vitesse depuis des années.

“Cette initiative est soutenue par différents acteurs des stations, se félicite Jean-Marc Simon. Il est essentiel que le plus grand nombre de jeunes découvrent nos territoires et nos sports. Et c’est aussi une des plus belles manières de regénérer un public d’amoureux de la montagne”.

Les magasins de sports réalisent +18% d’activité par rapport à 2019-20

Forte de quelque 1500 magasins de sports adhérents, l’union sports et cycles (USC) apporte son propre tableau de 2021-2022, avec +18% d’activités par rapport à 2019-2020. “C’est significatif, pointe Brice Blancard, responsable Montagne de l’USC, même si cette saison avait été interrompue brutalement par le covid le 15 mars 2020. Car elle s’annonçait, de loin, comme la saison la plus exceptionnelle jamais enregistrée”.

Pour l’USF, le ski alpin représente encore 95% du chiffre d’affaires de la location (qui, elle, concerne encore 70% des clients) et les autres activités : raquettes, luge, chien de traineau… “Cet hiver encore, comme depuis deux ou trois années, la diversification progresse et la consommation change, explique Brice Blancard. Les vacanciers ne prennent pas forcément leurs forfait et location de skis à la semaine. Ils testent d’autres activités”. Et, selon le spécialiste montagne de l’UCS, ce mouvement pourrait se confirmer avec la nouvelle clientèle de jeunes adultes non skieurs, venue en début d’année. “Ils viennent à la montagne là où, peut-être, avant, ils allaient à la mer, commente-t-il. Et ils sont curieux de tout. Le ski alpin, mais aussi la marche, la luge ou la patinoire”…

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Le fonds de dotation national au service des classes de découverte en montagne, Enfance & Montagne,  abondé à hauteur de  200 000 euros par le syndicat national des moniteurs de ski (le reste par des partenaires et d’autres sources, tels Poma, le Dauphiné Libéré, les Deux Marmottes, la Banque Populaire ou Atout France), a apporté cette saison à 70 classes primaires et 9 000 enfants de toutes les régions de France un engagement de financement de 1 000 € pour chacune. Retour au texte

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Les stations de ski refont le plein – La Gazette des communes

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