Direct Montagne. Haute-Savoie : la petite station de La Sambuy menacée de fermeture – Le Dauphiné Libéré


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Nichée au bout du lac d’Annecy, sur les hauteurs de Faverges-Seythenex, la station de La Sambuy, en déficit chronique, voit son avenir menacé. Cinq scénarios sont envisagés, du “tout ski” à la fermeture totale. Le maire penche pour une solution intermédiaire.

« Il n’a jamais été question de fermer La Sambuy, mais il a toujours été clair depuis le début du mandat qu’il fallait apporter une réponse structurelle à cette situation de déficit d’exploitation qui perdure depuis très longtemps », expliquait Jacques Dalex mercredi dernier, à l’issue d’un conseil municipal privé.

Un domaine cher à la mémoire collective, à en juger par la petite foule de 300 personnes réunies devant la mairie, pour manifester leur attachement à La Sambuy.

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Environ 60 % des skieurs d’été sont des membres de club qui s’entraînent. Photo Le DL /Emeline DEVAUCHELLE Environ 60 % des skieurs d’été sont des membres de club qui s’entraînent. Photo Le DL /Emeline DEVAUCHELLE
Environ 60 % des skieurs d’été sont des membres de club qui s’entraînent. Photo Le DL /Emeline DEVAUCHELLE

Tignes : à la rencontre des skieurs estivaux

À 9h30 bien tassés, samedi 18 juin, au pied du funiculaire de la Grande Motte, il est déjà presque trop tard pour les puristes du ski de s’élancer sur les pistes du glacier de Tignes. Plus de 280 personnes ont répondu présent, pour lancer la saison du seul glacier de Savoie à ouvrir cet été.

Seul Jean-Pierre, arrivé de Bandol (Var) la veille au milieu de la nuit, s’étire en attendant le prochain wagon. « La dernière fois que je suis venu en juin date de 1998 », relève le sexagénaire qui s’attend à un « choc ». Entre le faible enneigement de l’hiver, les températures élevées du printemps que la canicule des derniers jours a surpassé, naturellement ce ne sont pas les conditions du siècle qu’offre le domaine. En tout cas, pas dans le bon sens du terme.

Peu importe, le sudiste considère le ski comme une « philosophie ». « Je n’ai pas eu ma dose cet hiver. »

À lire : Glacier de la Grande Motte : pourquoi ils skient l’été ?

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Environ 60 % des skieurs d’été sont des membres de club qui s’entraînent. Photo Le DL /Emeline DEVAUCHELLE Environ 60 % des skieurs d’été sont des membres de club qui s’entraînent. Photo Le DL /Emeline DEVAUCHELLE
Environ 60 % des skieurs d’été sont des membres de club qui s’entraînent. Photo Le DL /Emeline DEVAUCHELLE

“Super Frenchie” s’est envolé depuis l’aiguille du Goûter

« Quand je la regardais, c’était un rêve. Maintenant, c’est un souvenir. » Âgé seulement de 18 mois, Matthias Giraud a glissé pour la première fois sur des skis à Saint-Gervais, au pied du mont Blanc. À l’école de ski, pendant des années, il voyait tous les jours l’imposante aiguille du Goûter sur sa face ouest.

Le temps a passé et le skieur professionnel en base jump a de nouveau réalisé une première, samedi 11 juin. Sauter à ski depuis l’aiguille pour atterrir finalement en parachute, en dessous du refuge du même nom.

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Une température de 10,4 °C a été enregistrée à proximité du sommet du mont Blanc au col Major (4 750 m) à 14 h ce samedi 18 juin. Photo Le DL /B.S. Une température de 10,4 °C a été enregistrée à proximité du sommet du mont Blanc au col Major (4 750 m) à 14 h ce samedi 18 juin. Photo Le DL /B.S.
Une température de 10,4 °C a été enregistrée à proximité du sommet du mont Blanc au col Major (4 750 m) à 14 h ce samedi 18 juin. Photo Le DL /B.S.

Mont Blanc : record de température au sommet

La canicule laissait penser à certains qu’un record de température pouvait être battu sur le toit des Alpes. Ils voyaient juste.

Samedi 18 juin à 14 h, la station météorologique italienne installée au col Major (4 750 m), tout près du sommet du mont Blanc a enregistré la température de 10.4 degrés Celsius. Une valeur plus qu’exceptionnelle pour une telle altitude. Le précédent record de cette station météo gérée par l’agence régionale de la protection de l’environnement du Val d’Aoste était de 6,8 °C. Une température recensée en juin 2019 inférieure de 3,6 °C à celle de samedi. L’air surchauffé générant des courants ascendants phénoménaux avait d’ailleurs à l’époque permis à 150 parapentistes de se poser au sommet.

« Dans le même temps, le mois de juin est celui où l‘ensoleillement des faces nord est maximal. La haute montagne ne va pas apprécier cet énorme afflux de chaleur, qui plus est si tôt dans la saison », prévient le géomorphologue Ludovic Ravanel du CNRS. Le spécialiste chamoniard de l’impact du changement climatique en montagne peine encore à croire en ces températures qui poussaient samedi certains alpinistes à terminer l’ascension de la plus haute montagne de l’Europe occidentale en tee-shirt.

Le domaine skiable du glacier de Tignes comporte 20 km de pistes et est censé rester ouvert jusqu’au 31 juillet. Rien n’est moins sûr… Photo Andy PARANT Le domaine skiable du glacier de Tignes comporte 20 km de pistes et est censé rester ouvert jusqu’au 31 juillet. Rien n’est moins sûr… Photo Andy PARANT
Le domaine skiable du glacier de Tignes comporte 20 km de pistes et est censé rester ouvert jusqu’au 31 juillet. Rien n’est moins sûr… Photo Andy PARANT

Le ski d’été, chronique d’une mort annoncée, entre canicules et manque de neige…

À l’heure où la France essuie l’une des canicules les plus précoces de son histoire, il y a une part d’incongruité à parler de ski et de neige. Deux thématiques pourtant au cœur de l’actualité savoyarde car la saison de ski d’été sur le glacier de la Grande Motte, à Tignes a été lancé samedi 18 juin. Celle-ci a pourtant bien failli ne jamais voir le jour, dans la lignée de la non-ouverture du glacier du Pissaillas chez les voisins de Val d’Isère.

Le ski d’été a connu sa période de gloire entre les années 70-80. Pourtant, déjà, la menace planait. L’été torride de 1976 était passé par là, et avec lui une première grosse frayeur pour les acteurs de la montagne. Ce n’était qu’un avant-goût. Dernière arrivée dans la liste, La Plagne sera, paradoxalement, l’une des premières stations après Val Thorens (2001) à arrêter les frais, en 2005, faute d’enneigement.

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Une pelle mécanique araignée a été utilisée pour élargir le déversoir. Photo Le DL /S.V. Une pelle mécanique araignée a été utilisée pour élargir le déversoir. Photo Le DL /S.V.
Une pelle mécanique araignée a été utilisée pour élargir le déversoir. Photo Le DL /S.V.

Chamonix : le niveau du lac glaciaire des Bossons abaissé de deux mètres

Non, le lac glaciaire des Bossons n’est pas vidangé. L’image d’une pelle mécanique à 1 700 mètres d’altitude en face nord du mont Blanc est toujours une source d’inquiétude et de spéculation. Elle a été utilisée pour creuser et agrandir le déversoir naturel du lac glaciaire. Pourtant, le bruit a couru en vallée de Chamonix que la municipalité voulait supprimer ce lac glaciaire né en 2018, au pied de la plus grande cascade glaciaire d’Europe.

Il faut dire que le site est une curiosité, un nouveau but de randonnée pour peu que l’on ait le pied sûr. Car l’accès est escarpé. Les marcheurs s’engagent sur cet itinéraire à leurs risques et périls, le sentier n’étant pas officiellement balisé car soumis aux risques naturels. Alors l’idée même de toucher à ce site naturel rebute plus d’un randonneur.

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